Steve Jobs : portrait d’un visionnaire

Article écrit par Thibault le Thursday 6 October 2011 à 20:02

“Tu veux passer le reste de ta vie à vendre de l’eau sucrée ou tu veux changer le monde ?”. C’est ainsi, selon la légende, que Steve Jobs aurait convaincu le président de Pepsico, John Sculley, de rejoindre Apple en 1983. Portrait d’un homme particulier et visionnaire qui s’est éteint cette nuit.

Né le 24 février 1955 en Californie d’une mère étudiante et non-mariée, il fut rapidement adopté par la famille Jobs, vivant alors à Cupertino, avec la promesse que le jeune Steven Paul Jobs, de son vrai nom, suive des études poussées. Très tôt passionné par l’informatique, Steve assiste régulièrement à des conférences d’Hewlett-Packard, où il y travaille d’ailleurs régulièrement l’été. C’est d’ailleurs là qu’il y rencontre Steve Wozniak, avec qui il fondera Apple quelques années plus tard. Comme promis, Steve va à la fac, mais il arrêtera rapidement, seulement six mois plus tard. Cependant, Steve ne quitte pas totalement le campus et continue à suivre quelques cours qui l’intéressent, comme la calligraphie. «Si je n’avais pas atterri dans cette classe, le Mac, 10 ans plus tard, n’aurait jamais eu ces belles typographies», nous confie-t-il, lors d’un discours en 2005 à l’université de Stanford.

« Votre temps est limité, alors ne le gaspillez pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Ne laissez pas le bruit des opinions des autres avoir le dessus sur votre voix intérieure. Et, le plus important, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Tout le reste est secondaire. »

En 1976, il fonde, avec l’aide de son ami Steve Wozniak, Apple. Wozniak est des deux le génie en informatique, celui qui sait intégrer le maximum de composants sur une carte mère, et Jobs est le visionnaire, celui qui pense du point de vue de l’utilisateur. C’est après une visite dans le labo PARC de Xerox fin 1979 que la vision que Jobs se fait de l’ordinateur personnel va radicalement changer. Il y découvre en effet un prototype de nouvelle interface homme-machine : la souris. C’est le déclic immédiat: « Pourquoi vous n’en faites rien, c’est révolutionnaire », hurle Steve Jobs, « tous les ordinateurs seront commandés de cette manière. ». Steve Jobs va alors lancer un défi à ses ingénieurs : concevoir une souris 20 fois moins cher que le prototype de Xerox et surtout, bien plus résistante. Et c’est ainsi que le 22 janvier 1984, lors du Super Bowl, une publicité de Ridley Scott présente au monde le résultat : le Macintosh. Malgré le succès immédiat du Macintosh, Apple ne réussit pas à survivre face à la déferlante du PC, et Steve Jobs se retrouve évincé d’Apple en 1985.

Il fonde alors NeXT Computer, qui se lance dans la confection de stations de travail et de solutions logicielles. Les machines NeXT séduisent quelques grands noms, comme Tim Berners-Lee (le papa du World Wide Web) ou John Carmack, co-créateur des jeux vidéo Wolfenstein et Doom. Parallèlement, en 1986, Steve Jobs rachète à George Lucas une de ses divisions d’effets spéciaux, Graphics Group, pour 10 millions de dollars, qui devient Pixar. En 1996, Apple, qui n’a jamais réussi à séduire le grand public, est au plus mal. L’entreprise rachète NeXT et Steve Jobs reprend les rênes. Fin 97, l’entreprise se trouve au bord du dépôt de bilan. L’impensable arrive alors : l’ennemi juré, Microsoft, investit 150 millions de dollars dans Apple contre le droit de sortir sa suite Office sur Mac.

En 2004, Steve Jobs survit à une forme rare et opérable du cancer du pancréas. Trois ans plus tard, il présente l’iPhone. Les réactions sont mitigées. L’interface tactile ne fait pas l’unanimité, l’appareil photo n’arrive pas à la cheville de ceux de Nokia et l’Europe se gausse face à un téléphone qui n’est même pas compatible avec les réseaux 3G. Mais la sortie de ses deux successeurs et l’arrivée de l’App store transforment le paysage des smartphones. Il apparaît très amaigri lors de son keynote de 2006. Il prend un congé maladie de six mois, début 2009, parlant d’un « déséquilibre hormonal. » Lors de l’été, il subit une greffe de foie, relançant les rumeurs sur un retour de son cancer. Le 24 août, Steve Jobs annonce qu’il quitte son poste de directeur général d’Apple pour devenir président du groupe. « Malheureusement ce jour est venu », écrit-il à la communauté. Cette nuit, un jour après l’annonce de l’iPhone 4S par son remplaçant Tim Cook, nous apprenons le décès de Steve Jobs, des suites d’une longue maladie.

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