Quelques jours seulement après son annonce lors des Ubisoft Digital Days, Rayman Jungle Run s’invite déjà sur l’App Store avec même quarante-huit heures d’avance sur la date prévue. Après la claque de Rayman Origins sorti l’an passé sur consoles et en début d’année sur PC, le nouveau bébé du studio du Michel Ancel réussira-t-il le passage aux plateformes mobiles ?

Développé par Pastagames et chapeauté par Ubisoft Montpellier, Jungle Run a donc la lourde tâche de porter sur iPhone, iPad et iPod Touch l’univers coloré et délirant de Rayman tel qu’on le connaît depuis fin 2011 et le brillant Origins. Visuellement, le pari est relevé haut la main grâce, une nouvelle fois, à l’intervention du moteur UBIArt qui fait également des miracles sur iOS, notamment sur les écrans Retina. Couleurs éclatantes, fluidité irréprochable, graphismes détaillés dans un style toujours autant bourré de charme, Jungle Run séduit dès le premier coup d’oeil.

Mais bien évidemment, c’est du coté du gameplay que le véritable enjeu se trouve. La principale problématique est donc de transposer un gameplay riche et exigeant sur écran tactile qui, par définition, manque cruellement de précision et est dépourvu de tout stick ou bouton. Pastagames a donc fait le choix d’une solution assez discutable de prime abord : un gameplay à deux boutons. En effet, Rayman court automatiquement et sans s’arrêter dans la bonne direction, et vous n’avez plus qu’à sauter/planer et frapper. Je vois déjà crier au scandale et dire qu’Ubisoft a tué Rayman. Mais quoi qu’on en dise, téléphone ou tablette en mains, ce choix apparaît aussi malin qu’efficace. Grâce à un level design ingénieux et retors, cette prise en main d’une facilité déconcertante permet d’aborder un gameplay exigeant où les maîtres-mots sont réflexes, rapidité et persévérance.

Le jeu se découpe en 4 mondes composés de 10 brefs niveaux chacun (environ une minute par niveau). Attention cependant à ne pas faire un simple calcul et en conclure que ce Rayman se termine en 40 minutes, car Jungle Run n’est pas un “simple” jeu de plates-formes dont le seul objectif serait de boucler les niveaux en fonçant tête la première. Si vous partez dans cette idée, vous risquez de passer complètement à côté du jeu. Car tout l’intérêt ici est de parcourir les niveaux le plus rapidement possible tout en récoltant les fameux Lums (chaque niveau en cache cent). Jungle Run base ainsi une partie de son intérêt sur une mécanique de scoring et est d’ailleurs compatible avec le Game Center pour pouvoir crâner mondialement. En outre, en bouclant à 100% un minimum de cinq niveaux par univers, vous débloquerez alors un niveau inédit et qui devrait vous donner pas mal de fil à retordre.

Chaque monde met en avant un nouveau pouvoir de Rayman (tout comme dans Rayman Origins). Vol plané, course sur les murs et enfin coup de poing, Rayman gagnera ainsi de nouvelles aptitudes soit automatiques, soit intégrées à la maniabilité “one touch”. Elles permettent à chaque fois d’étoffer le gameplay et participent d’ailleurs à la montée progressive de la difficulté. Car, évidemment, plus on avancera dans le jeu, plus le level-design saura nous tendre des pièges de plus en plus vicieux et demander des réflexes de plus en plus affûtés, mais aussi un très bon sens de l’observation pour espérer découvrir tous les Lums. Ceux-ci sont parfois bigrement bien cachés et il faudra autant d’agilité que de jugeote pour les atteindre. C’est d’ailleurs principalement là que Rayman Jungle Run puise toute sa replay value, et par là-même sa durée de vie. En effet, le titre est dans l’absolu un peu court, mais gagne à être parcouru encore et encore pour découvrir tous ses secrets et sa richesse.

Ubisoft et Pastagames nous offrent avec ce Rayman Jungle Run un jeu de plates-formes jouissif totalement adapté au support tactile. On y prend beaucoup de plaisir à contrôler notre pantin qui virevolte avec aisance et fluidité dans des niveaux à la construction impeccable, relevant souvent du génie. Seule ombre au tableau, une durée de vie pas forcément très gaillarde, même si elle est renforcée par un challenge assez relevé pour qui aura à cœur de découvrir tous les mystères et bonus de jeu et de se hisser au plus haut des classements Game Center.

Thibault, le Tuesday 25 September 2012.